Le Yoga et la pleine lune – Tripura Sundari

Le Yoga et la pleine lune – Tripura Sundari

Dans la tradition du yoga, il est recommandé de ne pas pratiquer d’asanas (postures) le jour de la pleine lune. Cela vaut en fait pour toute activité physique. Notre énergie étant concentrée dans le haut du corps, nous manquons d’ancrage. Nous sommes alors plus susceptibles de nous blesser et de manière plus profonde.

Cette phase lunaire correspond à la fin de l’inspiration. Là où le prana est le plus puissant. Le souffle et l’énergie vitale (prana) étant intrinsèquement reliés, cela se traduit par une agitation mentale, une activité psychique et des émotions exacerbées.

Lors de la pleine lune, la lune fait face au soleil et reflète ainsi sa lumière. En même temps, cela implique que le soleil vient éclairer totalement la lune. Ainsi, toutes nos ombres sont révélées. Émotivité, sommeil, appétit sont influencés. Nous avons souvent du mal à dormir et tendance à manger plus que nécessaire. Si nous sommes attentifs, nous pouvons aussi remarquer qu’il y a plus d’agitation collective : au volant les gens vont plus vite et sont plus irascibles, par exemple.

En phase de pleine lune, le yoga nous invite à pratiquer des pranayamas (respirations et expansions de l’énergie) afin de réguler le prana ; des mantras japas (récitation de mantras) afin de canaliser les émotions; la méditation pour développer notre présence et fluidifier nos circulations internes.

 

Tripura Sundari : la beauté des trois mondes

Maman Yoga Sri Tripura Sundari

Les deux jours qui précèdent la pleine lune correspondent à Tripura Sundari : déité incarnant la Grande Puissance Cosmique de la beauté et de l’amour divin.  Ces deux jours représentent un moment fondamental dans la tradition védique (du yoga).  La lune y influence notre planète de manière immensément bénéfique et offre un portail propice pour générer et étendre l’harmonie universelle. Une invitation à nous centrer sur l’amour, la beauté et à exercer notre capacité à créer l’harmonie en nous et autour de nous.

Alors que la pleine lune exacerbe notre émotivité, notre réactivité et nos peurs, Tripura Sundari nous invite à nous « asseoir » en présence pour élever notre vibration, transformer et transcender nos négativités, tout ce qui nous tire vers le bas, nous accable et nous limite. Cette phase du cycle de la lune, est un portail puissant pour faire bouger la Création.

Et pour pratiquer des méditations d’ancrage dans le coeur, de connexion avec l’amour divin illimité qui ne demande qu’à circuler librement en nous, à nourrir la pleine expression de notre potentiel créateur, à honorer notre beauté ainsi que celle de toute création saur terre et dans l’univers, dont nous ne sommes pas séparés.

La pratique de méditation de douceur et de compassion, issue de la tradition bouddhiste apparaît particulièrement enlignée durant Tripura Sundari. Je pense spontanément à la pratique du « taking and sending » (prendre et envoyer) bouddhiste. Un exemple bien connu est celui des moines qui visualisent inspirer de la fumée noire, symbole des négativités du monde, et expirent de la fumée blanche, envoyant ainsi amour, compassion et bienveillance dans le monde. Évidemment, ce type de pratique demande d’être bien ancré dans son coeur pour pouvoir transformer la fumée noire. Elle est à éviter si nous sommes sujets à l’anxiété ou dans une instabilité émotionnelle.

 

Méditation pour harmoniser le coeur

 

Nous recevons l’amour que nous pensons mériter. Tant que nous attendons la reconnaissance de l’extérieur pour nous accorder notre peine valeur et tout l’amour que nous méritons, nous limitons notre liberté, notre créativité et notre joie.

Pour être en mesure d’exprimer bienveillance et compassion envers les autres êtres vivants, s’aimer soi-même et s’accorder de l’empathie est une étape préalable incontournable. Et pourtant très souvent défiante. Car, nous avons souvent accumulé des croyances et des jugements, plus ou moins conscients, qui entravent notre liberté, notre créativité et notre joie (la plupart du temps à notre insu).

Alors que Tripura Sundari correspond à la Ste Amour en ce mois d’août 2014, je vous propose une version de la pratique « Taking and sending » pour honorer et cultiver l’amour, pour Soi et pour l’Autre, l’Univers.

Asseyez-vous dans une posture stable et confortable. Le bassin déposé sur des fessier bien ancrés, votre colonne est allongée, vos épaules détendues, la tête alignée avec cotre colonne, le menton parallèle au sol.  Fermez les yeux. Ramenez votre présence dans l’espace de votre coeur. Prenez le temps de vous installer dans cette présence, dans cet espace. Une fois bien établi ici, à chaque inspiration, inspirez l’amour dans l’univers et ramenez-le dans cet espace du coeur. À chaque expiration, envoyez depuis votre coeur, de l’amour envers le vivant, pour l’univers.

Je vous souhaite une belle Ste Amour et une Tripura Sundari en présence de toute l’harmonie que vous pouvez déployer. Vous êtes des créateurs, des créatrices très puissants.

Avec amour ,

Maman Yoga

 

Yoga, tricot et maternité

Au fil de la vie

La maternité est une période très intense, aussi bien sur le plan physique que les plans psychique et émotionnel. Notre personnalité, qui s’est construite en lien avec notre histoire familiale, notre vécu personnel, et au contact de notre environnement social, se voit profondément ébranlée. Dans ce raz-de-marée, il est essentiel de retrouver, voire redéfinir notre centre, un sens à notre expérience et notre lien à la communauté. Découvrez comment le yoga et le tricot sont de précieux alliés pour relever ces défis.

Le yoga comme le tricot sont des outils formidables pour gérer le stress induit chez la mère dès la grossesse. Entre les cocktails hormonaux qui accompagnent les transformations nécessaires, l’émotivité souvent exacerbée, la fatigue enceinte et en tant que maman, les pressions sociales, les défis de la maternité et nos enjeux personnels dans cette transformation radicale, tricoter et pratiquer le yoga sont des voies royales pour se relier à soi-même ainsi qu’à notre nouvelle réalité.

 

Maman Yoga ricot

Pratiquer le yoga, tricoter, être mère : 
c’est danser avec la vie !

Le yoga signifie « union, lien ». Il offre un retour vers soi profond et authentique qui nous permet de nous relier à notre être ainsi qu’à l’univers. À travers les postures (asanas), les techniques d’expansion de l’énergie vitale (pranayamas), la concentration (dharana) et la méditation (dhyana), nous sommes amenés à développer notre présence, notre santé et notre créativité. Plus nous sommes en contact avec notre nature profonde, plus nous sommes créatifs. Et plus nous nous sentons connectés aux autres aussi, car nous réalisons que nous faisons partie d’un tout duquel nous ne pouvons pas nous dissocier.

Le terme « tricot » est dérivé du mot « trique ». Il signifie « mesurer ». Il trouve également son origine dans le verbe tricoter qui, au XVe siècle, avait le sens de « danser avec quelqu’un ». En effet, tricoter demande de calculer (les dimensions du vêtement, de la personne, le nombre de mailles en fonction de ces dimensions, de la fibre et des aiguilles utilisées.) Il rejoint le yoga dans son aspect scientifique : l’alignement des parties du corps, les techniques de souffle, les répétitions de mantras, etc. reposent sur des techniques précises issues d’une connaissance profonde du fonctionnement de l’être.

Rien n’est laissé au hasard dans une discipline comme dans l’autre. Tout comme en yoga, une fois la technique maîtrisée, nous sommes libres pour créer sans limites, danser avec ce qui nous habite, nous anime et avec le mouvement de la vie.

Devenir mère, c’est développer de nouvelles habiletés pour répondre à de nouveaux besoins : ceux de notre enfant et les nôtres. Cela demande beaucoup de présence et une certaine discipline pour y arriver avec justesse et équilibre. Cela exige aussi une introspection pour se connaître et se reconnaître en tant que femme et mère, et pour accueillir nos peurs, nos doutes, nos blessures, afin de créer une vie qui ait du sens avec nos valeurs et nos envies.

 

Sur le fil de la maternité, on y danse, on y danse ! Souvent sans filet.

Le yoga et le tricot nous permettent de développer les habiletés nécessaires pour danser sur le fil de la vie avec maîtrise et liberté.

La science continue à prouver ce que les civilisations anciennes savaient déjà et nous ont transmis, entre autres, par le yoga. De nombreuses études contemporaines ont ainsi démontré les bienfaits de la méditation sur la santé, physique et psychique. L’intention de la méditation est de développer notre capacité de présence. Méditer, ce n’est pas générer un état de bien-être systématique que nous souhaitons atteindre chaque fois que nous nous asseyons sur notre coussin de médiation ! Méditer, c’est prendre un moment d’arrêt pour s’asseoir avec soi-même; c’est accroître notre faculté à accueillir et à s’ouvrir à ce qui est. À tout ce qui est. Sans attente, sans préférence, sans jugement. C’est en déployant notre capacité de présence que nous augmentons notre aptitude au bien-être. Car toute souffrance est le produit d’une résistance. Une douleur physique est causée par un blocage, une tension dans le corps. Un déséquilibre psychique, ou une souffrance émotionnelle, est le produit d’une confrontation entre ce qui est et ce que nous voudrions que cela soit.

Nous pouvons alors comprendre encore mieux les défis de la maternité. Combien de fois, en tant que mère, avons-nous souhaité que des événements de notre quotidien changent ? Il est, par exemple, tellement commun d’entendre : « quand est-ce que mon enfant va dormir ? » En nous accrochant à cette attente et en voulant contrôler le mouvement de la vie sur lequel nous n’avons concrètement aucune prise, nous augmentons notre stress et notre désarroi. La méditation va nous aider à accueillir nos émotions, à développer notre écoute et notre aptitude au lâcher-prise et à la joie dans l’ici et maintenant, quel qu’il soit. Elle va nous amener à plus d’autonomie et de créativité dans notre danse avec la vie en ouvrant le champ des possibles pour répondre avec justesse à ce qui est et à nos besoins. Et grande nouvelle : la méditation va augmenter notre vitalité! Oui, chères mamans, 20 minutes de méditation équivalent à 2 heures de sommeil !

 

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Le tricot, déjà surnommé « le nouveau yoga », est une forme de méditation active

Tricoter demande concentration et présence. Au fil des mailles, notre mental s’engage comme il le fait une respiration à la fois, en méditation. Des zones identiques du cerveau sont activées. La paix et le calme font surface et s’installent. Les pensées défilent, dans notre pleine présence. Et elles suivent leurs cours, puis s’évanouissent dans le lâcher-prise de notre être, pleinement engagé dans son tricot, sa posture de yoga ou sa méditation. Dans l’un comme dans l’autre, le rythme cardiaque ralentit et la tension artérielle diminue. Le Dr Bendon, directeur de l’Institut du cerveau à l’école de médecine de Harvard, explique que tricoter génère le « mode relaxation ». Cet état de détente permet aux tensions physiques de se dissoudre et aux émotions de circuler. Le corps fluidifié retrouve sa capacité d’autorégulation et d’autoguérison. Le système immunitaire est dopé, ainsi que notre résistance aux douleurs chroniques. Et notre capacité à gérer le stress et l’anxiété.

La Dre Monica Baird, spécialiste de la douleur, a clairement établi comment le tricot modifie la chimie du cerveau : la production de cortisol (hormone du stress) est limitée, celles de dopamine et de sérotonine (hormones de bien-être) sont augmentées.

 

… de transmission et de lien à la communauté

Le tricot reconnecte avec l’essence de la vie, par le contact avec la matière et le travail avec ses mains. Il éveille et nourrit bien évidemment notre créativité, source de satisfaction et de réalisation. Il nous relie également au clan et à la communauté, car tricoter est une activité sociale et de transmission. Les femmes se réunissaient pour transmettre non seulement leur savoir en tricot, mais aussi l’histoire de leur clan et de leur communauté.

Le tricot s’ancre dans une transmission familiale. Nous apprenons de nos mères, de nos grands-mères et nous le transmettons, à notre tour, à nos enfants. Il constitue un vecteur puissant de transmission des valeurs familiales.

Tricoter est aussi une activité sociale, qui permet de se retrouver et d’échanger dans la simplicité et la présence. Lorsque nous tricotons, nous sommes pleinement présentes et offrons ainsi une belle qualité d’écoute, un échange nourrissant et senti.

Dans nos sociétés occidentales où nous sommes bien souvent éloignés de nos familles, l’isolement devient un enjeu central dans la maternité. Car comme le clame si bien la sagesse africaine : « il faut un village pour élever un enfant. » Le tricot nous permet de retisser les liens pour créer ce village indispensable. Nous comprenons aisément pourquoi le yoga et le tricot reprennent vie avec tant de force aujourd’hui. Notamment chez les 25 — 40 ans !
Sergine Martinez,
Enseignante certifiée + 1 000 heures en yoga, spécialisée en périnatalité et pour les enfants, formatrice certifiée de l’Association Internationale de Massage des Bébés, thérapeute en énergétique, fondatrice de Maman Yoga. Elle offre des ateliers de « Yoga, Tricot, Thé » pour les mères futures et actuelles.

Cet article a été publié sur grossessemagazine.ca, le 9 décembre 2014